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Anicet CAMBIER

Anicet nait le 10 janvier 1904 au "Bois-Brûlé" au Faubourg de Mons de Maubeuge (Nord), dans la maison des parents d'Angèle Nasse (maison Louis Nasse/Bourlard) (1) .

(1)  On trouve dans les notes rédigées par Anicet dans les années 60 une chronologie qui indique: 1904 Bois Brûlé (naissance), puis 1905 La Banlieue chez Pillot, puis 1906 Bois-Brûlé 32 Lixon, puis 1907 construction maison n°10.


Anicet est le premier enfant de Jules Cambier et Angèle Nasse, mariés l'année précédente le 25 juillet 1903.
Dans ses notes, Anicet écrira plus tard, "qu'il est sans doute né d'une inadvertance, son père n'avait que 20 ans et travaillait à la fabrique Vautier et sa mère s'occupait du ménage et n'avait que 19 ans".

Ont-ils d'abord logés dans la maison Cambier du n°32 ou chez les parents Nasse ? Anicet a noté qu'ils ont brièvement habité une maison à La Banlieue.

Dès 1907, Jules entreprend de bâtir lui même sa maison sur une extrémité du terrain de sa mère, une maison en brique rouge au 10 de la rue du Bois-Brûlé.

Là naitra le petit frère Raoul le 12 décembre 1908.
Les deux jeunes garçons grandissent en compagnie de leurs nombreux cousins Nasse de la même rue et vont à l'école primaire de "La Banlieue", route de Mons.

"La rue du Bois-brûlé au bout de laquelle se situait la maison de mes grands parents maternels où je suis né, se terminait en impasse où plutôt par des chemins de campagne utilisés surtout par les cultivateurs. Ces chemins marqués au milieu du piétinement des chevaux et parallèlement à gauche et à droite par les roues des chariots, conduisaient vers les terres cultivées en céréales; les prairies clôturées réservées au bétail étaient situées autour des fermes se trouvant sur les territoires de Mairieux, Bersillies, Elesmes, Assevent etc.
Je fus donc élevé au plein air des champs, ne voyant la petite ville de Maubeuge qu'à l'occasion de la Ducasse annuelle ou de la Cavalcade du lundi de Pâques...
Les enfants des champs que nous étions possédaient le monde, notre domaine était partout sous le ciel. C'était des champs et des champs, tous pareils et tous nôtres. Le soleil, les arbres, les fruits, les fleurs, les animaux, les oiseaux et le soir des millions d'étoiles nous appartenaient."

"Sous la garde de mes cousines Alice  et Pauline (2), j'allais à l'Ecole maternelle du Faubourg de Mons tenue par Mlle Pélagie. Puis ensuite à l'Ecole primaire en face, avec Mme Arnoux, Mr Hubert, Mr Bouvarre et Mr Arnoux pour le certificat d'études. Cette dernière classe dut se faire dans une maison particulière de la rue Warnotte appelée "château Cambrai", la guerre étant survenue au cours des vacances scolaires de 1914. C'est dire que la route que les enfants de "La Banlieue", "La Grisoëlle" devaient faire quatre fois par jour pour se rendre à l'école était trop longue et très fatigante (3) ."

(2)  Alice Gillon la fille d'Alzire Nasse et Pauline Rivelot une fille de Aline Nasse.
(3) la distance du Bois-brûlé à la rue Warnotte est de 1.5 km, soit 20 à 30 mn à pied

 
Le 22 septembre 1910, le très jeune Anicet assiste émerveillé au premier meeting aérien qui se tient au Pont-Allant à l'occasion de la Ducasse de Maubeuge. Il y voit les premiers monoplans, biplans ( les "reste-en-plan") et dirigeables, Blériot vient de réussir la traversée de la Manche en 1909. "Ces aéroplanes ne peuvent réaliser de grandes performances, on est encore qu'au début, ils se contentent d'évoluer au dessus du terrain, l'atterrissage est une opération difficile et les appareils sont souvent en réparation."
 

 

Anicet CAMBIERDeux ans plus tard une base aérienne fut installée à Pont-Allant, le deuxième groupe aéronautique commandé  par le capitaine Raymond Yence, les lieutenants Brocard, Radisson, Rochette, Lalanne, et équipé de Biplaces Deperdussin 80 H.P.

 

 

 

 

Le 31 Juillet 1914 on assassine Jaurès !
Le lendemain c'est la mobilisation générale, et le 3 Août la guerre est déclarée entre la France et l'Allemagne. Il s'en suit une première phase de mouvement jusqu'en novembre, le long des frontières franco-belges et franco-allemandes.

Dès le 8 Août, l'offensive Joffre (plan XVII) se déroule sans succès depuis Epinal, Toule, l'Argonne vers Mulhouse, Strasbourg, Metz, Luxembourg, par les 600.000 hommes de la 1ere et 2eme armées des généraux Dubail et Castelnau.

En même temps, l'offensive "Schlieffen" allemande entame un large mouvement tournant à travers le Luxembourg et la Belgique vers l'ouest puis vers le sud, par la 1ere armée de Von Klück, la 2ème de Von Bülow, la 3ème de Von Hausen. Le 5 Août Liège est occupée, le 15 von Klück traverse la Meuse et prend Bruxelles le 20.
Joffre néglige quelque peu ce front et pense bloquer l'avancée allemande par le corps expéditionnaire britannique fraichement débarqué et positionné entre Maubeuge et Le Cateau, et par la 5eme armée du général Lanzerac entre Maubeuge et Namur.

Le 23 les Anglais de French sont repoussés de Mons par von Klück, et la 5ème armée retraite également vers le sud face à Von Bülow.

Maubeuge se retrouve isolée, les Allemands poursuivent leur marche vers le sud en laissant devant Maubeuge et les 45.000 hommes du général Fournier, un corps de siège de 40.000 hommes et une forte artillerie sous les ordres du général Zwehl.

 Les bombardements commencent le 29 Août, sur les forts de Boussois, puis de Cerfontaine, la porte de France, les quartiers de sous-le-bois, Louvroil.

Anicet CAMBIER 

Emplacements des forts de la place forte de Maubeuge
et position des troupes le 3 septembre 1914
(Source : Das Ehrenbuch der Deutschen Schweren Artillerie - Tome 1)


Le 3 septembre, la situation s'aggrave, le général Ville déploie des troupes de défense à Assevent et Elesmes, l'artillerie de 75 prend position entre Assevent et la route de Mons, juste à coté du Bois-Brûlé.

Durant le siège de Maubeuge et ces intenses bombardements, Anicet qui a 10 ans raconte que la famille Cambier s'est réfugiée dans la cave de Fidèle Nasse. Sans doute  à ce moment là, un capitaine les informe que tout le monde doit partir sans tarder dans la direction d'Hautmont. La tante Alida enceinte d'Aldegonde est mise dans une brouette et tout le monde part vers Maubeuge avec un arrêt chez la tante Jeanne à "sous-le-bois". Le lendemain c'est le sauve-qui-peut général jusqu'à Hautmont où les gens s'installent dans les rues, et regardent impuissant Maubeuge en feu.

Le Fort des Sarts est abandonné le 4, le 6 la ville est arrosée d'obus et le général Fournier commandant la place fait sauter l'Arsenal  avant de demander un armistice de quelques heures le lendemain. Finalement, le 8 septembre à midi c'est la reddition des 45.000 soldats de la forteresse (dont 3000 blessés et 1300 tués) qui sortent par la porte de Mons vers la Belgique et les prisons d'Allemagne. Ces deux semaines de siège ont tout de même permis de retenir 40 à 60.000 allemands qui manqueront pour la bataille de la Marne du 8 septembre.

Anicet CAMBIER

Capitulation de Maubeuge le 8 septembre 1914

Pour la famille Cambier c'est le retour à la maison du Bois Brûlé, mais le début de "l'occupation".

A 13 ans, Anicet obtient son Certificat d'Etudes Primaires le 5 aout 1917. Il dessine et écrit très bien et il continue des études à l'Ecole Pratique de Commerce et d'Industrie de Maubeuge durant encore 3 ans.

 



Dès 1920, à 16 ans, il est dessinateur détaillant et  d'exécution en machines-outils aux établissements Fockedey, Vautier et Cie à Maubeuge où travaille déjà son père.

Il y obtient son CAP de dessinateur en mécanique (mention bien) le 20 juillet 1922 à 18 ans.



A vingt ans, Anicet est incorporé pour le service militaire le 13 mai 1924 au 38e régiment d'aviation de Thionville.

Anicet CAMBIER

 

Anicet CAMBIER

  Anicet CAMBIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Ensuite il reprend son travail chez Sculfort-Fockedey dans Maubeuge centre. Il s'implique dans la vie sociale locale, il est trésorier adjoint de la Société de Secours Mutuels "L'Egalité" de 1925 à 1931; il est membre fondateur de la société "les Amis de Maubeuge", pour l'embellissement, les manifestations artistiques, folkloriques aux faubourg de Mons.

Anicet CAMBIER

Le bureau d'étude des Etablissements Sculfort en 1928 (13 rue du progrès à Maubeuge)



En 1928, Anicet rencontre la jeune Simone Gumez dans le train qui allait des usines Sculfort-Fockedey de Maubeuge à Villers-Sire-Nicole via le faubourg de Mons, puis Mairieux.

Anicet CAMBIER




Ils habitaient tous les deux au nord de Maubeuge chez leurs parents, elle au faubourg des Sart et lui un peu avant au faubourg de Mons, au Bois-Brûlé.
Simone a 18 ans, elle est étudiante à l'Ecole Normale à Douai pour devenir enseignante. Anicet a 24 ans et est dessinateur industriel chez Fockedey à Maubeuge.

Anicet CAMBIER

  Anicet CAMBIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Anicet le 21 octobre 1928   (24 ans)                                                                            Simone en 1930 (20 ans)

 
Un an plus tard, Simone obtient son premier poste d'institutrice à l'école de Landrecies à 30 km au sud de Maubeuge.


Anicet change d'employeur à partir du 1er janvier 1929, il est dessinateur d'étude-outillages aux Forges et Ateliers de Constructions Electriques (F.A.C.E.) à Jeumont, à 10 km au nord-est de Maubeuge sur la Sambre.

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Simone et Anicet se marient le 25 octobre 1930 à Maubeuge et habitent alors à l'Ecole de Filles de Boussois, une petite commune à mi-chemin entre Maubeuge et Jeumont, où Simone est alors en poste.

 

Anicet CAMBIERAnicet CAMBIER

 Anicet et Simone le 25 octobre 1930

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anicet et Simone le 11 Avril 1931

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



C'est à ce moment là que Simone devient l'amie de Jeannette qui enseigne dans une école du faubourg de Mons. De son coté, Anicet connait bien René Girard, son futur époux, par l'intermédiaire du tout jeune Parti Communiste Français (4)  dont ils sont proches.
En 1933, ils vivent à Maubeuge, au 22 rue Saint Jean (entre l'avenue Jean Jaurès et la rue du faubourg Saint Quentin).
Simone enseigne dans une école du centre de Maubeuge située sur la Place Verte. Elle s'y rend à vélo, avec la jolie bicyclette achetée chez Mr Richard Cerisier, un fabricant local du faubourg  St Quentin, en face de chez Sculfort.

Le 19 avril 1935, Simone accouche d'une petite fille qu'ils prénomment Annie.

Anicet obtient son permis de conduire le 26 septembre 35, et achète  sa première voiture le 15 octobre 1936, une Simca-Fiat Balilla


(4)  depuis le congrès de Tours de décembre 1920,  la SFIO (section française de l'internationale ouvrière) s'est scindée en deux courants, l'un majoritaire est devenu le Parti Communiste Français, l'autre la SFIO de Léon Blum (futur parti socialiste).

En 1936, Anicet, René et Elise participent aux grèves. Georges Gumez ne fait pas grève chez Sculfort.

En novembre 1937, la petite famille a déménagé au 155 bis avenue Jean Jaurès, juste en face de chez Elise et Georges Gumez, au numéro 162:

Anicet CAMBIER

 
En septembre 1938, l'Allemagne d'Hitler envahit l'Autriche, c'est la crise des Sudètes qui déclenche l'alerte en France, et la mobilisation des troupes de forteresse:

Le 4 septembre, les permissionnaires sont rappelés, les 8 et 9, les disponibles de la classe 35 sont rappelés à leur tour, le lendemain, la position fortifiée est occupée par les échelons A. Le 24 septembre , les échelons B1 (réservistes frontaliers) sont rappelés et le lendemain, c'est le tour des réservistes B2.
Ainsi Anicet est rappelé le 24 septembre 1938 (à 34 ans) comme réserviste frontalier, au sein du 87eme Régiment d'Infanterie de Forteresse, à Hargnies dans les Ardennes.

 

Anicet CAMBIER

                                                 Anicet réserviste à Hargnies en septembre 1938 (à gauche)

 
Avec la signature des accords de Munich le 30 septembre, l'alerte cesse et les réservistes sont progressivement libérés au début d'octobre.

A la suite de cette invasion, Elise et Georges décident de quitter Maubeuge dès février 1939. Elise a un mauvais pressentiment et ne veut pas revivre une seconde occupation. A l'occasion de ces nombreux déplacements professionnels, Georges a pu acheter un pavillon rue Kléber à Beauchamp, une petite commune de Seine-et-Oise au nord de Paris, où il semble qu'il ait eu  quelques "contacts"...
La petite Annie est partie avec eux.

Simone, Anicet et la petite Annie partent malgré tout en vacances le 6 Août 1939, d'abord à Thouars chez leurs amis René et Jeannette puis le 13 Août à Chatelaillon et le 17 à La Rochelle, les dernières avant longtemps...

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Anicet, Simone et Annie à Chatellaillon en Aout 1939


Lorsque cette photo est prise (13 Août), commence la crise diplomatique "du corridor de Dantzig" qui conduit l'Allemagne à la mobilisation générale le 26 Août.
Le 27 c'est le retour à Maubeuge en passant par Acquigny en Normandie chez les cousins Goffaux.

Dès le 21, les unités de forteresse sont mises en alerte, et le 24 les réservistes frontaliers dont fait partie Anicet sont appelés.

Anicet est ainsi mobilisé dans la compagnie de commandement du 87ème R.I.F installé à la mairie et à l'école de Vieux-Mesnil, à quelques kilomètres au sud-ouest de Maubeuge, jusqu'au 11 décembre 1939.

Anicet CAMBIER

Anicet mobilisé fin 1939 à Vieux-Mesnil

Il semble qu’Élise, son fils André et sa femme aient encore été dans la maison de la route de Valencienne à ce moment.

Finalement, la guerre avec l'Allemagne est déclarée le 3 septembre 1939. Mais rien ne se passe avant plusieurs mois pendant ce que l'on a appelé "la drôle de guerre". Les Alliés sont retranchés derrière la ligne Maginot, sans tenir compte des indications venant de Belgique sur l'imminence d'une offensive par les Ardennes . ( le 8 mars 40, le roi Leopold III de Belgique prévient le général Gamelin de l'attaque allemande par les Ardennes et Sedan.)

 

Anicet CAMBIER

 Anicet, Simone et Annie en 1939


Effectivement, le 10 Mai 40 la Wehrmarcht traverse le Luxembourg et la Belgique (qui résiste seule durant 3 jours) et traverse les Ardennes en direction de Sedan. Le lundi 12 mai, la 1ere division blindée allemande franchit la frontière au nord de Sedan ( "percée de Sedan" ),  le 14 une large brèche est ouverte en Sedan et Dinant.

Dès le 15 mai, Anicet reçoit l'ordre de mission de son employeur (les F.A.C.E), en tant qu'affecté spécial, de quitter Jeumont pour une usine de repli à La Rochelle-La Pallice, pour les besoins de la Défense Nationale.
Sans attendre, Anicet et Simone font leur bagages, mettent leur matelas sur le toit de la voiture et quittent Maubeuge le lendemain jeudi 16 au volant de la Simca. Ils arrivent vers minuit chez les parents Gumez à  la maison de l'avenue Kléber à Beauchamp, où ils retrouvent leur petite Annie.

Anicet CAMBIER

 

Anicet CAMBIER

L'itinéraire emprunté a été retracé par Anicet, et passait normalement par la N2 et Soissons, mais la ville de Vervins étant déjà occupée par les Allemands, il dû bifurquer par Guise, Montdidier, Beauvais et Pontoise, soit 13 heures de route pour 300 km.


Les parents Cambier ont préféré rester au Bois-Brûlé.

 

 

 


Anicet et Simone repartent avec Annie le vendredi 17 pour La Rochelle, avec comme étape Le Mans, puis Thouars chez les parents de Jeannette Girard où est prise cette photo de Annie et Annette.

Anicet CAMBIER


Ils sont à La Rochelle le samedi 18 mai où ils sont d'abord accueillis par la famille Egliseau, l'oncle de René Girard.


Peu après, Simone est nommée institutrice à La Rochelle, où la famille est hébergée chez des collègues, les Espinasse. Élise et Georges Gumez les rejoignent quelques temps avant que les allemands n'entrent à Paris le 14 juin 40.
Cette période de repli dure 6 mois, puis toute la famille revient en région parisienne et habite chez les parents Gumez, rue Kleber à Beauchamp.

Anicet CAMBIER

Chez les parents Gumez rue Kleber à Beauchamps en 1940.


Encouragé par son ami René Girard, Anicet quitte l'industrie maintenant au service de l'occupant et décide de se former et de trouver un travail dans l'enseignement professionnel.

C'est ainsi qu'il sera Professeur de Technologie et Dessin au centre de formation professionnelle annexé au Collège Technique d’Argenteuil, 173 av. J. Jaurès, du 1er décembre 1940 au 1er décembre 1942.

Cette fois Simone est institutrice dans Paris, dans une école du 10e à République où elle doit pouvoir se rendre en transport en commun. Puis à l'école de Pierrelaye, la commune voisine de 4 km. Elle s'y rend à vélo, et s'est au cours du rigoureux hiver 42 qu'elle a le bout du nez en partie gelé!

Fin 42 intervient un événement qui aurait pu avoir de très graves conséquences:
Anicet fait l'objet d'une accusation par l'un de ces élèves d'être gaulliste, ce qui lui vaut d'être immédiatement révoqué.  Après avoir pu faire entendre son point de vu, il est finalement réintégré mais "muté" dans un autre centre de formation, à l'Ecole Nationale Professionnelle (ENP) de Saint-Ouen (233 Bd Raspail), où il sera professeur de dessin jusqu'en octobre 44.
Ensuite il devient Chef de Travaux le 1er novembre 44, puis enfin Directeur de l'ENP de Saint-Ouen (rue de Paris) le 12 septembre 45.
 
 Anicet CAMBIER  Entre-temps, en 43, Simone a obtenu le poste de directrice de l'école de la Plaine à Taverny, une commune limitrophe de Beauchamp et peut donc y bénéficier d'un logement de fonction.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toute la famille y passe la fin de la guerre au milieu des champs, non loin de grand'mère Elise et grand'père Georges.

 

Anicet CAMBIER

 L'Ecole de la Plaine à Taverny

 Durant la fin de la guerre, les allemands vont réquisitionner une partie de l'école pour y loger quelques temps 200 prisonnières russes qu'ils utilisaient pour des travaux de déminage.

 Après la libération, un certain nombre de centres d'apprentissages sont mis en place par le Conseil de la Résistance et encadrés par l'Education Nationale, projets auxquels participe René Girard.. Son ami Anicet est nommé directeur du centre de Saint-Ouen en septembre 45, puis de celui de la rue Duflot à Bois-Colombes à partir de janvier 46.

Anicet vient loger à La Garenne-Colombes, un petit appartement rue Emile Del Sol (ex rue des voyageurs) près de la gare; Simone reste à Taverny un an de plus.

Anicet CAMBIER

 

En septembre 47, Annie rejoint son père à La Garenne et rentre au collège de la rue Sartoris . Puis Simone obtient sa mutation à l'école des filles de la rue Roussel à La Garenne-Colombes, l'année suivante et tout le monde loge rue Del Sol.
Un peu plus tard Anicet a été nommé directeur de l'établissement d'enseignement technique de la place de Belgique à La Garenne. La Famille habite alors dans le logement de fonction. (les deux fenêtres de gauche au 3eme étages)

Anicet CAMBIER

 

 

 

Anicet CAMBIER

  Anicet CAMBIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anicet en 1950 (46 ans)                                                                                  Simone en 1949 (39 ans)

  Les parents Gumez ne tardent pas à déménager et s'installent rue des Gros-Grés (rue des Canibous actuellement) au rez-de-chaussée d'un petit immeuble au milieu des champs à Colombes, la commune limitrophe. L'oncle André, sa femme Anne-Marie et ses filles Lise et Annette emménagent également à Colombes, un petit pavillon de meulière de la rue d'Estienne d'Orves. Georges Gumez décède en janvier 1960 des suites de son diabète, et grand-mère Élise vient habiter un appartement près de sa petite fille Annie à La Garenne-Colombes.

En 1966, Anicet et Simone achète une vieille maison dans le petit village de Puiseux-le-Hauberger dans l'Oise, un peu au nord de Taverny et Beauchamp, sur la nationale 1 qui monte dans le Nord... La famille, grand'mère Élise, Annie et Marc, et les petits enfants Emmanuel et Eléonore s'y retrouveront régulièrement pour les week-end et toutes les vacances.

Anicet prend sa retraite de l'éducation nationale en 1970. Ils vont s'installer dans l'ancien logement de Georges et Elise de la rue des Gros-Grés, mais Anicet est à Puiseux et au jardin chaque week-end. Il est longtemps conseiller municipal de la commune. 

C'est après avoir taillé à la cisaille la haie du jardin qu'il fait un malaise un jour d'hiver 74.
C'est un infarctus, Anicet est hospitalisé à la clinique de la MGEN à Maisons-Laffitte.
Après une première convalescence et la visite de la famille, il fait le lendemain un second accident cardiaque qui lui est fatal le 23 décembre 1974. Il est enterré dans le petit cimetière de Puiseux où son vieux copain René Girard prononcera un joli et émouvant discours.

 

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